Le président de la République, Son Excellence Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, s'est adressé à la Nation jeudi soir, en langue nationale, à l'occasion de la cérémonie de Maoulid du Palais de Beit-Salam.
« Nous venons de remporter une immense victoire. Ne laissez personne gâcher votre joie, ni voler votre victoire » a déclaré le Chef de l'Etat.
Il a ensuite a ensuite priés pour toutes les comoriennes et tous les Comoriens, de l'intérieur et de la diaspora avant d'entamer son discours dont nous vous livrons ci-après, la traduction.
« Mes chers compatriotes,
Muhammad, que la Paix et le Salut soient sur Lui, qui fut le meilleur des Prophètes, le meilleur des maîtres, le meilleur des époux, le meilleurs des Cadi, le meilleur des éducateurs, la meilleure des autorités, était issu de la meilleure descendances.
Celui pour qui nous nous rassemblons toutes ces nuits, était, de toute l'Histoire, le meilleur, et le plus pur de tous les Hommes. Relater sa vie qui était toute une leçon, demanderait alors plus qu'une nuit, des jours et des mois.
Mais puisque nous venons de remporter une éclatante victoire, puisque Dieu vient de nous prouver son amour pour notre pays, puisque les saints hommes de ce pays, du passé et du présent, viennent de nous prodiguer de leur protection, il convient alors d'évoquer en cette occasion un seul des aspect de la vie du prophète : son attitude et son comportement en cas de victoire.
Mes chers compatriotes,
Nous venons de remporter une immense victoire. Notre Armée et nos alliés, ont libéré l'île d'Anjouan, consacrant ainsi sa réintégration au sein de la République.
Oui, malgré le désir de certains, une grande victoire a été remportée. Plus que la victoire, nous ne déplorons aucun blessé ni aucun mort parmi nos soldats, malgré les armes lourdes déployées et utilisées de part et d'autre. Il s'agit d'un miracle de Dieu.
« Lorsque vient le secours d'Allah, ainsi que la victoire et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion, d'Allah, alors , par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c'est Lui le Grand Accueillant au repentir »
Comoriennes, Comoriens,
Je vous demande de ne laisser personne gâcher votre joie, ni voler votre victoire.
Il est vrai que nous ne réalisons pas encore ce grand événement dont il faudra des mois, voire des année pour en mesurer la portée.
Ce qui a été réalisé, nous en avons payé le prix par nos invocations. Tous les comoriens, à l'intérieur du pays et à l'extérieur, ont en effet priés pour notre armée. Alors ce qu'il convient de faire lorsque Dieu nous a accordé Sa miséricorde, c'est de Lui rendre grâce.
Ce qu'il convient de faire alors, c'est de ne laisser personne voler notre victoire.
Je dis cela parce qu'aujourd'hui même, celui-là qui a ordonné les tortures sur nos compatriote et qui a humilié le pays, s'est réfugié à Mayotte.
Je dis cela parce que tous les Comoriens ont manifesté leur colère envers les autorités françaises de Mayotte qui l'ont accueilli.
Manifester est un droit et personne ne doit, ne put vous en empêcher. Alors vous pouvez manifestez. Mais nous ne devons en aucun cas encourir des reproches en le faisant.
Ainsi, vous pouvez déployer vos banderoles et dire aux Français qu'ils ne doivent pas accueillir un tel personnage. Mais de grâce, pas d'insultes, pas de jets de pierres, surtout à l'encontre de ressortissants étrangers dans notre pays.
Des mandats d'arrêt ont été délivrés. Le Gouvernement a demandé l'extradition. Il appartient à la France de tenir compte de ce qui s'est passé à Ngazidja, à Ndzouani, à Mwali, à Maore ainsi qu'à la Réunion et en France. Le Gouvernement français doit comprendre que les comoriens soient mécontents.
On nous rétorque l'existence de la peine de mort dans notre pays. Alors je demande qu'il soit envoyé là il n'y a pas de peine de mort, à Arusha ou à La Haye, mais qu'il soit jugé pour ses crimes.
J'ose espérer que ce message sera entendu. J'ai appris que le dossier était à l'étude. Mais aucune réponse ne nous a encore été donnée.
Alors manifestez dignement : ne vous en prenez ni aux personnes ni aux biens. Donnons l'exemple et faisons la démonstration que les Comoriens sont des gens civilisés qui réclament leurs droits.
Car certains n'attendent qu'un léger égarement de notre part pour transformer notre victoire en défaite.
Mes frères, aujourd'hui notre espace territoriale et aérien est entre nos mains. Il ne reste plus que Mayotte que nous n'obtiendrons pas de la même façon. Notre guerre sera dans ce cas, le droit international et la sagesse. Alors nous serons sûrs d'avoir gain de cause.
Frères Mahorais,
Vous devez comprendre que tous nos malheurs passent par Mayotte pour nous arriver. Or Mayotte est notre territoire, à vous et à nous. Son espace territorial et aérien appartient aux Comores. Mais j'espère que l'occasion nous sera donnée d'aborder ce sujet ultériuremnt.
Pour le moment, les comoriens doivent savourer leur victoire et ne pas laisser œuvrer la « fitna ». Ils doivent savoir que l'extradition de Bacar ne rime pas avec le saccage et le vandalisme.
Mes amis, j'ai été agréablement surpris de vous voir tous, pour célébrer l'amour que Dieu a pour nous.
Le débarquement nous a rassemblé. La victoire nous a rassemblé. L'exigence de l'extradition de Bacar nous a rassemblé.
Alors nous devons imiter le Prophète en pareille circonstance. Lui qui a été humilié, taxé de folie, subi les pires exactions jusqu'aux tortures physiques, forcé à l'exil, a été contraint à la guerre et eut une dent brisée aux cours d'un combat.
Suivons son enseignement, car « à côté de la difficulté est, certes une facilité ». Prenons exemple sut lui sur son comportement le jour où, par une attaque massive et surprise, il entra victorieux à la Mecque. Il rassembla alors tous ses tortionnaires et les assassins de ses compagnons et leur tint ce langage : « à quoi vous attendez-vous de ma part aujourd'hui ? ». Ils répondirent : « que du bien, car vous êtes un noble frère et le fils d'un noble frère ». Alors le prophète leur dit : « allez votre chemin, vous êtes des hommes libres ».
Ainsi le Prophète a pardonné. Prenons cette leçon car le pardon est un signe d'humanité et de grandeur d'âme.
Certes, certains ne méritent pas le pardon. Mais il y a les pions et les responsables. Alors à grande victoire, grand pardon. Ne laissons pas filer notre chance car même au milieu de l'atmosphère de ces derniers jours, des investisseurs arabes sont arrivés dans notre pays.
Pour terminer, je dis grand merci à nos soldats sur qui je vous demande, mes chers compatriotes de prendre exemple et grand merci à nos alliés. Nous sommes fiers de vous tous.
Le jour viendra où nous vous exprimerons solennellement la reconnaissance de la Nation. Mais votre salaire appartient à Dieu qui récompensera dans ce monde et dans l'au-delà.
D'ores et déjà, je vous annonce que le 25 mars sera désormais célébrée comme la journée de l'Armée Comorienne.
Je remercie les pays alliés et je leur demande de poursuivre l'œuvre commencée, en nous aidant à bâtir notre pays.
Quant à vous, honorable assistance, je vous remercie et je vous demande d'être mes porte-parole auprès de nos concitoyens en général et de nos jeunes en particulier, pour leur dire de refuser la transformation en défaite, de notre éclatante victoire.
Dieu dit « si vous êtes reconnaissants, Je vous augmenterai (ma grâce).
Que la Paix, la Miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous.