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SAMBI VEUT MUSELER LA PRESSEC'EST LE DÉBUT DE LA FIN D'UN RÈGNE Tibune libre

Comme vous le savez tous, quand les responsables politiques commencent à s'attaquer aux organes de presse ou à leurs dirigeants, c'est généralement la preuve que la démocratie se porte mal. La liberté d'expression figure pourtant en préambule dans notre constitution. A l'heure de la mondialisation, il serait illusoire de croire que l'on peut constamment maintenir tout un peuple dans l'ignorance et dans l'obscurantisme. En effet, pour avoir dénoncé la décision du gouvernement comorien d'accueillir les soi-disant «clandestins» en provenance de Mayotte, le directeur du journal ALWATWANY a été limogé. Cette liberté de ton que s'est octroyé M. BOUDOURI n'est pas conforme à la ligne éditoriale du journal qui est une forme de «Pravda» (la vérité - journal russe) chargée d'animer la propagande gouvernementale.
Il est vrai que pendant toute la crise séparatiste, le régime SAMBI a dangereusement vacillé. Durant cette période, le Président s'est montré très consensuel et à l'écoute de son peuple. Depuis la libération d'Anjouan, notre RAIS se sent pousser des ailes. Il multiplie les décisions hasardeuses et inquiétantes. Il a certainement mal interprété le sens profond de l'union de circonstance qui s'était constituée autour de lui pour trouver une solution à la crise anjouanaise. D'autre part, le Président SAMBI ne doit pas perdre de vue que cette presse, qu'il veut aujourd'hui museler, l'a efficacement servi dans les moments difficiles.
De quoi SAMBI a t-il peur ? Le peuple comorien n'a t-il pas le droit de connaître la portée des décisions prises par ses dirigeants surtout, lorsque celles-ci engagent sa destinée ? En tout état de cause et n'en déplaise à Son excellence, Monsieur SAMBI et à ses amis DJAFFAR et DOSSAR, l'immense majorité de la population comorienne est convaincue que la décision prise en catimi d'accueillir les clandestins, est contraire aux dispositions de l'article 1er de notre constitution. Juridiquement, leurs auteurs se sont rendus coupables du crime de HAUTE TRAHISON. J'ose ajouter qu'ils font honte à la nation toute entière. Aucun élément de fait ni de droit ne peut justifier la complaisance dont nos responsables font actuellement preuve dans le traitement de ce dossier. SAMBI peut donc limoger tous les fonctionnaires qui ne partagent pas son avis sur le sujet, mais il ne peut rien changer car, la vérité est là. Nous osons espérer que dans un sursaut d'orgueil et de nationalisme, il entendra la voix du peuple et se conformera à la loi.
Le président SAMBI et ses amis doivent se rappeler que le monde a changé et que les comoriens n'ont pas besoin de lire le journal ALWATWANI pour savoir ce qui se passe dans leur pays. Comme disent nos amis de KASHKAZI, «les vents n'ont pas de frontière, l'information non plus». La gestion familiale des affaires de l'Etat, les nominations de complaisance et les petites combines entre copains du village ne passeront jamais inaperçues. Cette dérive monarchique du pouvoir mérite d'être dénoncée. Par contre, nous soutiendrons sans faille, toute action qui vise à la réduction de la pauvreté et surtout, celles entreprises pour rendre à notre peuple sa dignité.
Pour finir, je vous invite à méditer sur cette réflexion d'un ex-président américain, Abraham LINCOLN qui disait : «C'est en gardant le silence, alors qu'ils devraient protester, que les hommes deviennent des lâches».
PARIS, LE 12 MAI 2008/ AHMED

# Posté le lundi 12 mai 2008 18:05

Modifié le lundi 12 mai 2008 18:31

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