La mosquée de la rue Caumartin a accueilli, hier, dès 14 h 30, la communauté comorienne, les élus du Dunkerquois, le sous-préfet, les amis et les proches des victimes, pour célébrer la mémoire des Comoriens disparus lundi dans le crash de l'Airbus A 310 et rendre un dernier hommage à Salitouna Madaly, cette mère de famille dunkerquoise, « qui laissera un grand vide ».
Pour la communauté comorienne de Dunkerque, la plus importante après Marseille et Paris, l'accident d'avion qui a fait 152 disparus lundi dernier résonne comme un choc terrible.
Parmi la foule massée dans l'enceinte de la mosquée de la rue Caumartin, des femmes pleurent, des hommes prient et se recueillent. L'un a perdu un beau-frère, un autre son beau-fils, un autre encore son beau-fils et petit-fils.
Au premier rang se trouve la famille de Salitouna Madaly, qui ne cherche pas à retenir ses larmes. Cette employée à la ville de Dunkerque, disparue dans l'accident, « était une femme courageuse, chaleureuse, modeste, d'une simplicité et d'une grande bonté de coeur », a rendu hommage Ali Mradabi, responsable de l'association des Comoriens de Dunkerque. « Jeannette, la mort nous a tragiquement arrachés à toi. Tu laisses un grand vide parmi nous. Aujourd'hui, il reste 152 interrogations qui nourrissent la colère de notre communauté », a précisé Ali Mradabi.
En effet, les premiers éléments de l'enquête sur le crash au large des Comores tendent à montrer que l'Airbus affrété par Yemenia était un « avion-poubelle ». Le sous-préfet de Dunkerque a ainsi rappelé que « l'État, en collaboration avec les autorités comoriennes, a décidé vigoureusement de faire toute la lumière sur les causes de cet accident ». De son côté, le député maire de Saint-Pol-sur-Mer, Christian Hutin, s'est révolté contre « le mercantilisme qui tue ».
Michel Delebarre, député maire de Dunkerque a choisi de rendre un dernier hommage à son employée, « une femme qui, quand elle venait demander quelque chose, le faisait toujours avec le sourire. Salitouna Madaly, on ne lui disait jamais non ».
Mais le moment le plus déchirant de cette cérémonie fut les mots du fils aîné de « Jeannette », qui a trouvé la force de prendre le micro : « Maman, elle n'attend pas autre chose de nous que de continuer, d'aller de l'avant. Elle a toujours donné l'exemple. Nous nous devons d'être dignes, d'être fiers. Elle a toujours été une mère aimante. Elle nous a tout donné pour nous permettre de réussir ». •
La Voix du Nord du samedi 04.07.2009

