Des faits qu'ils auraient commis au commissariat central de Moroni le 7 août dernier. Il s'agit de quatre ministres, Mohamed Abdou Mhadjou, sécurité intérieure, Saïd Soilih Saïd Abdillah, production, Boina Boina Ousseine, Santé, Youssouf Ahmed Boina, Fonction publique, Saïd Mze Dafiné, secrétaire général du gouvernement et Saïd Ahmed Ahmed Toihir, secrétaire général à la présidence de l'île ainsi que trois fonctionnaires de la police, Ali Msaidie Tadjiri, Mohamed Assoumani Adamou et Hakim Ali Abdou.
C'est dans une ambiance glaciale, que les prévenus ont écouté le verdict du tribunal qui est tombé comme un couperet, cet après-midi, dans la salle d'audience du palais de justice de Moroni. Les peines sont de trois à six mois de prison contre les hauts responsables et deux à cinq mois contre les trois fonctionnaires de police impliqués dans cette affaire. Des peines assorties de 15000 Fc à 60 000 Fc d'amendes.
Les prévenus sont également tenus à verser collectivement « un franc symbolique pour réparation de préjudice » à la partie civile, représentée par son conseil, Me Fahami Saïd Ibrahim.
L'assistance a accueilli cette sentence du tribunal par des cris de colère. La justice n'a retenu qu'une seule charge, sur les trois chefs d'inculpation annoncés au début, contre les accusés. Ils ont bénéficié de la relaxe pour les deux premiers (violence et destruction). Aussi, ils n'ont été jugés que pour le troisième, c'est-à-dire pour « voie des faits ».
Lors du procès, lundi 10 août, l'avocat des prévenus, Me Ahamada Mahamoud, avait demandé l'acquittement pour ses clients car, a-t-il affirmé, « les actes qui leur sont reprochés ne sont pas constitués ». Quelques minutes après le jugement, l'un des prévenus, le fonctionnaire de police Hakim Ali Abdou, s'est évadé. Cela, malgré la présence de gendarmes déployés en grand nombre depuis le début du procès. « Il y a eu un évadé, ça arrive au palais de justice. Mais tous les moyens seront mis en œuvre pour le retrouver », a confirmé, Azad Mze, le procureur de la République. « Ce policier qui était condamné à deux mois de prison risque d'aggraver sa peine », a-t-il ajouté, précisant qu'un tel acte est « puni à six mois et plus de prison ».
Le procureur, qui s'est confié aux journalistes peu à après le jugement, a indiqué que « l'une des leçons qu'on peut trier de ce procès, c'est que la justice est faite pour tous ». « On doit assumer ses responsabilités jusqu'au bout », a conclu le magistrat.
Malango

